Centres aquatiques et décret tertiaire : comment atteindre jusqu’à –40 % sans travaux lourds ?

Les centres aquatiques sont parmi les équipements publics les plus énergivores. Avec l’entrée en vigueur du décret tertiaire, les gestionnaires de piscines de plus de 1 000 m² doivent réduire leur consommation énergétique de 40 % d’ici 2030. Pour beaucoup de collectivités et d’exploitants en DSP, l’équation semble complexe : contraintes budgétaires, bâtiments vieillissants, impératifs sanitaires, confort des usagers…
Pourtant, avant même d’engager des travaux lourds, un gisement d’économies immédiates existe : la sobriété d’usage. Alors comment atteindre les objectifs du décret tertiaire dans un centre aquatique sans attendre des rénovations structurelles coûteuses ?
Décret tertiaire : une obligation incontournable pour les centres aquatiques
Le décret tertiaire impose une réduction progressive des consommations d’énergie finale :
- –40 % d’ici 2030
- –50 % d’ici 2040
- –60 % d’ici 2050
Les centres aquatiques sont particulièrement concernés car :
- ils dépassent très souvent le seuil des 1 000 m²
- ils cumulent chauffage de l’air, chauffage de l’eau, traitement d’air (CTA), déshumidification, éclairage et production d’eau chaude sanitaire
Or, aujourd’hui, seulement une minorité des équipements est réellement alignée avec la trajectoire 2030.
Dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie et de tension budgétaire des collectivités, le décret tertiaire devient un enjeu stratégique, financier et politique.
Pourquoi les piscines sont-elles si énergivores ?
Un centre aquatique combine plusieurs postes énergétiques lourds :
Le chauffage
Dans le secteur du sport, le chauffage représente près de 43 % des consommations énergétiques.
Dans une piscine, il faut chauffer :
- l’eau des bassins
- l’air ambiant
- l’eau chaude des douches
- parfois les plages et locaux annexes
Un simple degré en moins peut générer en moyenne 7 % d’économie d’énergie.
Le traitement d’air (CTA)
Les centrales de traitement d’air fonctionnent parfois en continu, y compris en période de faible fréquentation.
Des dérives fréquentes :
- marche 24/7 non optimisée
- sondes défaillantes
- by-pass oubliés
- consignes mal réglées
Une dérive continue de 5 kW représente 44 MWh par an.
Les usages “invisibles”
Certains postes sont rarement challengés :
- gestion des pédiluves (purges continues)
- eau chaude en vestiaires
- éclairage non modulé
- équipements laissés sous tension
Ces postes cumulés peuvent représenter 5 à 10 % d’économie dès la première année, sans investissement lourd.
Travaux lourds ou optimisation d’usage : par où commencer ?
La rénovation énergétique (isolation, changement de chaudière, photovoltaïque, CPE…) est indispensable à moyen terme.
Mais elle suppose :
- études préalables
- arbitrages budgétaires
- marchés publics
- délais longs
À l’inverse, la sobriété d’usage permet :
- des gains immédiats
- un retour sur investissement rapide
- une mobilisation des équipes
Dans de nombreux cas, les centres aquatiques peuvent atteindre 10 à 20 % d’économie dès la première saison uniquement par optimisation d’exploitation.
La méthode pour atteindre -10% à –40 % sans attendre 2030
Atteindre –40 % ne signifie pas tout faire en une année.
Il s’agit de combiner :
1. Mesurer précisément
Comparer la consommation actuelle à un historique corrigé des variations climatiques permet d’identifier l’impact réel des actions engagées.
Sans mesure fiable, il est impossible de piloter.
2. Corriger les dérives invisibles
Mettre en place :
- un rituel hebdomadaire de sous-comptage
- une revue des CTA
- une analyse des plages horaires
- une vérification des consignes
C’est souvent là que se situe le premier levier.
3. Structurer la mobilisation
Le décret tertiaire ne se résume pas à une obligation technique.
Il implique :
- les équipes d’exploitation
- les services techniques
- les élus
- parfois les usagers
La performance énergétique devient un projet collectif.
Centre aquatique et Décret Tertiaire : la performance énergétique comme levier stratégique
Réduire la consommation énergétique ne répond pas uniquement à une contrainte réglementaire.
C’est aussi :
- maîtriser la facture énergétique
- éviter des fermetures ponctuelles
- renforcer l’attractivité de l’équipement
- améliorer l’image environnementale du territoire
- faciliter le recrutement des équipes
Dans un contexte de pression sociétale croissante, la performance énergétique devient un levier de compétitivité territoriale.
CUBE Centres Aquatiques : une réponse opérationnelle au décret tertiaire
Pour structurer cette dynamique, la Ligue CUBE Centres Aquatiques accompagne les gestionnaires pendant 12 mois.
Objectif :
- structurer l’organisation
- mesurer les économies réelles
- partager les bonnes pratiques
- valoriser les performances
Les économies sont calculées selon une méthode certifiée (IPMVP) comparant la consommation réelle à un historique corrigé du climat.
Les résultats observés sur d’autres secteurs montrent :
- 15 % d’économies en moyenne
- un ROI de quelques mois
- des gains typiques de 10 à 20 % sans travaux lourds
Conclusion : l’objectif –40 % est atteignable… à condition d’agir dès maintenant
Le décret tertiaire impose une trajectoire exigeante aux centres aquatiques. Mais avant de mobiliser des millions d’euros de travaux, un levier puissant existe : l’optimisation des usages. Corriger les dérives, structurer le pilotage, mobiliser les équipes. La transition énergétique des piscines ne commence pas par un chantier. Elle commence par une méthode.
Pour aller plus loin :

