Pouvoir d’achat : 23 milliards d’euros d’économies possibles grâce à la sobriété énergétique

Alors que les tensions au Moyen-Orient ravivent les inquiétudes sur les marchés mondiaux de l’énergie, les prix du pétrole et du gaz réagissent immédiatement à l’instabilité géopolitique. Le conflit impliquant notamment les États-Unis, Israël et l’Iran fait peser des incertitudes sur les flux énergétiques mondiaux, en particulier autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole et du gaz mondial. Ces épisodes rappellent une réalité structurelle : les économies restent fortement dépendantes des marchés énergétiques internationaux. Dans ce contexte, un levier reste largement sous-estimé dans le débat public : la réduction de la consommation d’énergie dans les bâtiments.
La sobriété énergétique comme levier massif d’économies d’énergie
À l’approche de la présidentielle, le débat sur le pouvoir d’achat ignore le potentiel offert par la sobriété énergétique des bâtiments. Une réduction de 30 % des consommations permettrait d’économiser plus de 23 milliards d’euros par an, sans nouvel impôt ni travaux lourds, selon les études menées pour A4MT sur les 6 000 bâtiments participants au CFEE.
Dans un contexte pré-présidentiel tendu, le débat public se polarise autour de la dette, de la fiscalité et du pouvoir d’achat. Il élude pour le moment un levier stratégique d’économies : la sobriété énergétique appliquée aux bâtiments.
Les bâtiments, premier gisement d’économies d’énergie
Les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent près de 45 % de la consommation d’énergie finale en France, soit environ 697 TWh par an.
Or une réduction de 30 %1 est atteignable à court terme dans de nombreux cas sans travaux lourds, permettant d’économiser 209 TWh par an – soit plus de 23 milliards d’euros par an2, révèle une étude de performances énergétiques menée par A4MT, cabinet spécialisé dans l’élaboration et le pilotage de programmes de transformation.
La sobriété d’usage : un levier rapide et peu capitalistique
Ce potentiel repose sur une action ciblée sur la sobriété d’usage dans les bâtiments, menée avec les occupants et l’exploitant.
Atteindre 30 % de réduction de ses consommations d’énergie repose largement sur des actions rapides et peu capitalistiques : réglage des systèmes, pilotage intelligent, gestion des usages, organisation et comportements.
Il s’agit d’un levier d’économies pérenne, immédiatement mobilisable à moindres frais, à la fois pour les finances publiques, pour les entreprises et pour les ménages.
Un impact direct pour les finances publiques, les entreprises et les ménages
L’Etat et les collectivités, premiers propriétaires immobiliers du pays, pourraient réduire structurellement leurs dépenses de fonctionnement, dégager des marges d’investissement et limiter le recours à l’endettement.
Pour les entreprises, la baisse durable des charges énergétiques améliore les marges, réduit l’exposition aux chocs de prix et renforce la compétitivité, notamment dans le tertiaire.
Quant aux ménages, la sobriété énergétique se traduit pour chaque foyer français par un gain direct de pouvoir d’achat, sans inflation ni mécanisme de redistribution coûteux.
« Un levier budgétaire non fiscal pour la prochaine mandature »
« À l’aube d’un nouveau cycle politique, la sobriété énergétique devrait devenir le premier levier budgétaire non fiscal de la prochaine mandature. La question n’est même pas écologique, elle est économique et stratégique. »
Sébastien Bouillet
Directeur des opérations du Championnat de France des Economies d’Energie (CFEE)
Une réponse possible aux tensions budgétaires et énergétiques
A l’horizon 2027, une partie des enjeux électoraux reposera sur la capacité à proposer des réponses concrètes à la tension budgétaire et sociale. La sobriété énergétique apparaît une “recette invisible”, fondée sur l’efficacité collective plutôt que sur la contrainte fiscale. Dans un contexte où chaque crise internationale peut raviver la volatilité des prix de l’énergie, réduire durablement les consommations constitue aussi un facteur de résilience économique.
Pour aller plus loin :

