CUBE.Ecoles à Rennes : quand la sobriété énergétique questionne l’organisation du quotidien
Engagée depuis plusieurs années dans la transition écologique, la ville de Rennes a participé au programme CUBE.Ecoles. Un concours national d’économies d’énergie piloté par le Cerema et l’IFPEB et financé par les CEE à travers le programme ACTEE.
L’objectif : mobiliser les acteurs des établissements scolaires autour de gestes simples pour réduire les consommations d’énergie et sensibiliser petits et grands à la transition énergétique.
Pour Rennes, cette démarche s’inscrivait dans une volonté de tester de nouvelles méthodes d’accompagnement, en associant les équipes éducatives, périscolaires et techniques autour d’un même objectif de sobriété.
Un projet dans un contexte de transformation

Le lancement du projet est intervenu en pleine réorganisation du service Éducation de la ville. Malgré le contexte, les interlocuteurs sont restés disponibles, comme le souligne Gaëlle Pierre, médiatrice économe de flux. Ils ont pu contribué à la mise en place du dispositif en parallèle de cette phase de transformation.
Le projet initial avait pour ambition d’impliquer directement les écoles. Le calendrier de lancement, en fin d’année scolaire, a conduit à ajuster l’approche afin de s’appuyer sur des équipes immédiatement disponibles. La dynamique s’est ainsi recentrée sur le périscolaire, où certaines équipes volontaires ont impulsé de nouvelles actions autour des enjeux énergétiques.
Des axes de progression identifiés
La participation à CUBE.Ecoles a permis de mettre en lumière plusieurs axes de progression, tant sur le plan organisationnel qu’humain.
Un premier axe de progression concerne la disponibilité des équipes. Fortement engagées dans leurs missions respectives, elles doivent composer avec des contraintes de temps importantes, ce qui invite à adapter les modalités de mobilisation.
Par ailleurs, le projet a souligné l’opportunité de renforcer la coordination entre les différents services et types de personnels. Les agents techniques, les animateurs périscolaires et les enseignants interviennent sur les mêmes sites, à des moments différents mettant en lumière le challenge de la synchronisation des emplois du temps.
« Dans les écoles, il y a plein de métiers différents, des personnes qui se croisent sans forcément travailler ensemble. »
Gaëlle Pierre, coordinatrice du dispositif CUBE.Ecoles pour la ville de Rennes
Les échanges entre services existent, mais parfois par messages interposés ou carnets de liaison. L’enjeu identifié consiste désormais à renforcer ces interactions pour favoriser une circulation plus fluide de l’information et une mise en œuvre plus rapide des actions.
Enfin, le projet a également permis d’identifier plusieurs points d’attention d’ordre technique et matériel, tels que :
- l’accès aux interlocuteurs compétents pour certains réglages,
- la modernisation de certains systèmes énergétiques,
- ou encore la détection d’anomalies de programmation jusque-là non-identifiées.
La question énergétique ne relève pas seulement de la technique ou des bâtiments, mais d’abord des personnes qui y travaillent.
CUBE.Ecoles aura donc permis de décloisonner les services et de révéler que la sobriété énergétique est avant tout une affaire collective, humaine et organisationnelle — un apprentissage essentiel pour la suite de la démarche à Rennes.
Des enseignements humains et organisationnels
Au fil du projet, un constat s’est imposé : la sobriété énergétique ne se joue pas seulement dans les équipements, mais dans les manières de travailler ensemble. Les freins techniques sont souvent le symptôme de difficultés plus larges de communication et de responsabilité. « Les gaspillages résultent souvent d’un manque de temps ou de l’absence de protocoles pour effectuer certaines missions. », analyse Gaëlle Pierre.
CUBE.Ecoles a ainsi confirmé la nécessité de créer des temps communs entre services et d’identifier des référents fluides par site. Ces relais pourraient faciliter la coordination et valoriser les bonnes pratiques locales.
Vers une culture commune de la sobriété
Pour les participants, le projet a été autant un exercice d’analyse qu’une expérience humaine. « Même si tout n’a pas fonctionné comme prévu, on a beaucoup appris sur nos pratiques et nos modes de communication. La question énergétique, ce n’est pas qu’une affaire de techniciens. Ce sont aussi les comportements, les usages, les petits gestes, et la façon dont on travaille ensemble. » souligne Gaëlle Pierre.
En ce sens, CUBE.Ecoles a favorisé la prise de conscience : il a rendu visibles les marges de progrès, tout en valorisant l’engagement des équipes de terrain.
Perspectives
À la suite de cette première expérience, plusieurs pistes se dessinent :
- développer des formations croisées entre agents techniques, personnels éducatifs et restauration ;
- améliorer la communication entre services ;
- formaliser le rôle de référents fluides dans les écoles ;
- renforcer les liens avec les enseignants pour intégrer les questions d’énergie dans les projets pédagogiques.
En conclusion
Pour les écoles engagées dans le processus, à Rennes, CUBE.Ecoles n’a pas été seulement un concours d’économies d’énergie, mais une expérience d’organisation collective. Le concours a permis de mieux comprendre les liens entre comportements, coordination et performance énergétique. La sobriété n’y apparaît plus comme une contrainte, mais comme une opportunité d’apprendre à mieux travailler ensemble — une étape essentielle vers la transition écologique du service public.
Pour aller plus loin :
- Et si c’était votre tour ? Rejoignez la ligue CUBE.Ecoles et faites rayonner la sobriété énergétique dans votre structure !
- CUBE.Ecoles à Rennes : les diagnostics énergétiques, un outil d’apprentissage collectif


