Décret Tertiaire : valeur relative ou valeur absolue, que choisir ?
Le Décret Tertiaire impose aux bâtiments tertiaires une réduction mesurée et progressive des consommations d’énergie. Pour se mettre en conformité, les assujettis doivent choisir entre deux méthodes réglementaires : la valeur relative ou la valeur absolue.
Ce choix n’est pas neutre. Il conditionne la trajectoire de conformité, la stratégie énergétique à mettre en œuvre et la capacité à atteindre les objectifs dans le temps.
Alors, valeur relative ou valeur absolue : que choisir pour le Décret Tertiaire ?
Rappel : le cadre du Décret Tertiaire
Le Décret Tertiaire, issu de la loi ELAN, impose une obligation de résultat aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m².
L’objectif est de réduire les consommations d’énergie finale, et non de prescrire des moyens spécifiques.
Deux méthodes réglementaires permettent de démontrer la conformité.
La valeur relative : principe et fonctionnement
Qu’est-ce que la valeur relative ?
La valeur relative consiste à réduire les consommations d’énergie finale par rapport à une année de référence, choisie librement entre 2010 et 2019.
Les objectifs à atteindre sont :
- –40 % en 2030
- –50 % en 2040
- –60 % en 2050
La performance est évaluée en pourcentage de réduction par rapport à la consommation initiale.
Avantages de la valeur relative
La méthode relative présente plusieurs atouts :
- simplicité de lecture des objectifs
- liberté dans le choix de l’année de référence
- valorisation des démarches progressives
- cohérence avec des plans d’action étalés dans le temps
Elle est souvent privilégiée par les bâtiments dont la consommation de référence est élevée, laissant un potentiel de réduction important.
Limites de la valeur relative
Cependant, cette méthode comporte aussi des contraintes :
- difficulté à choisir une année de référence représentative
- pénalisation possible des sites déjà performants
- dépendance forte à l’historique de consommation
Un site déjà sobre peut se retrouver avec une marge de manœuvre réduite.
La valeur absolue : principe et fonctionnement
Qu’est-ce que la valeur absolue ?
La valeur absolue repose sur l’atteinte d’un seuil de consommation énergétique exprimé en kWh/m²/an, défini par arrêté ministériel.
Ce seuil dépend de :
- la typologie d’activité
- la zone climatique
- l’altitude
L’objectif est de converger vers une consommation de référence nationale, indépendamment de l’historique du bâtiment.
Avantages de la valeur absolue
La méthode en valeur absolue offre plusieurs bénéfices :
- adaptation fine aux usages réels
- meilleure équité entre bâtiments
- prise en compte des contraintes structurelles
- sécurisation des trajectoires pour les sites performants
Elle est particulièrement pertinente pour les bâtiments ayant déjà engagé des actions de sobriété ou d’efficacité.
Limites de la valeur absolue
Cette méthode présente néanmoins certaines contraintes :
- complexité de compréhension des seuils
- dépendance aux arrêtés et à leurs évolutions
- besoin d’une caractérisation précise des usages
Elle nécessite un pilotage plus fin des consommations.
Valeur relative ou valeur absolue : comment choisir ?
Les critères de choix à analyser
Le choix entre valeur relative et valeur absolue doit reposer sur une analyse approfondie :
- niveau de consommation historique
- maturité énergétique du site
- typologie d’activité
- capacité d’action sur les usages
- potentiel de travaux à moyen terme
Il ne s’agit pas d’un choix définitif : il peut évoluer dans le temps.
Cas où la valeur relative est souvent plus pertinente
- bâtiments très énergivores
- absence de démarche énergétique structurée
- volonté de démontrer une trajectoire progressive
- projets de travaux planifiés à moyen terme
Cas où la valeur absolue est souvent plus adaptée
- bâtiments déjà performants
- contraintes techniques fortes
- usages spécifiques difficilement compressibles
- volonté de sécuriser la conformité à long terme
Le rôle central des usages dans les deux méthodes
Quelle que soit la méthode retenue, la sobriété énergétique reste un levier central :
- les usages conditionnent la consommation réelle
- les ajustements sont immédiats
- les résultats sont mesurables rapidement
Sans action sur les usages, ni la valeur relative ni la valeur absolue ne peuvent garantir l’atteinte des objectifs.
Décret Tertiaire : un choix stratégique, pas seulement réglementaire
Le choix entre valeur relative et valeur absolue ne doit pas être vu comme une simple formalité administrative.
Il constitue un choix stratégique, structurant la trajectoire énergétique du site. Une approche combinant analyse des données, compréhension des usages et pilotage dans le temps permet de transformer cette obligation réglementaire en levier de performance durable.
Ce qu’il faut retenir
- le Décret Tertiaire offre deux méthodes de conformité
- la valeur relative repose sur un historique de consommation
- la valeur absolue repose sur un seuil réglementaire
- le choix dépend du profil du bâtiment
- la sobriété énergétique est déterminante dans les deux cas
En conclusion, valeur relative ou valeur absolue : le bon choix est celui qui sécurise la trajectoire de conformité de vos bâtiments tout en maximisant les gains réels.
Pour aller plus loin :

