CUBE.Ecoles à Rennes : les diagnostics énergétiques, un outil d’apprentissage collectif

14 janvier 2026

La Ville de Rennes, engagée depuis plusieurs années dans la transition énergétique a participé à la troisième saison du challenge CUBE.Ecoles en 2024.

Le concours a permis de révéler plusieurs axes de réorganisation et de coopération entre les différents services de la ville. Pour en savoir plus : CUBE.Ecoles à Rennes : quand la sobriété énergétique questionne l’organisation du quotidien

Les diagnostics, au service de l’apprentissage collectif

La démarche a permis la réalisation de diagnostics énergétiques de terrain dans plusieurs établissements. Menés en binôme par les agents de l’équipe énergie de la direction du patrimoine bâti, ces diagnostics ont offert une vision concrète des usages et des gaspillages au quotidien.

Parmi les constats les plus marquants :

  • un réfrigérateur placé devant un radiateur, générant un gaspillage inutile ;
  • un bâtiment chauffé le dimanche, alors que les locaux étaient vides ;
  • des robinets fuyants ou à poussoir défectueux ;
  • des interrupteurs inaccessibles, obligeant les enfants à utiliser un balai pour éteindre la lumière.

« Ce qui est intéressant dans ces visites, c’est que cela révèle plein d’autres choses sur le fonctionnement de la collectivité », explique Gaëlle Pierre, médiatrice économe de flux et coordinatrice du concours CUBE.Ecoles pour la ville de Rennes. Ces observations ont été classées en trois catégories :

  1. Réglages simples (programmations, maintenance courante)
  2. Petits travaux à planifier (remplacement d’équipements, isolation légère)
  3. Changements de pratiques (comportements, coordination, communication)

Certaines corrections ont eu un effet immédiat : reprogrammation des chauffages, remplacement de matériel défectueux, repérage de circuits d’eau à surveiller. Mais au-delà des économies, ces diagnostics ont surtout servi de support de dialogue entre services.

Cuisines scolaires : le gisement d’économie inattendu

Les diagnostics ont révélé un potentiel d’économie important dans les restaurants scolaires. Les agents ont observé des appareils allumés trop tôt avant le service, des hottes actives dès le matin ou des appareils branchés en continu sans réel besoin.

Deux exemples ont particulièrement marqué les équipes :

La friteuse, symbole d’un usage à repenser

Dans plusieurs écoles, de friteuses professionnelles très gourmandes en énergie pour un usage restreint de neuf à dix fois par an. « On la garde parce que c’est la tradition des “frites de la cantine” », explique un agent. Mais son maintien implique une hotte, un système de filtration et un entretien annuel, pour une utilisation ponctuelle.

Ce constat a ouvert une réflexion : faut-il maintenir cet équipement partout ? Certaines communes ont choisi de les retirer et ont décidé de cuire les frites au four. Une discussion pragmatique, emblématique de la démarche CUBE : remettre du bon sens dans les usages.

Les fontaines à eau : du bon geste à la surconsommation

Autre découverte : les fontaines à eau réfrigérantes installées pour éviter les bouteilles plastiques. Si l’intention initiale était vertueuse, leur usage s’est révélé parfois énergivore : branchées en continu, elles maintiennent l’eau fraîche jour et nuit, week-ends compris. « Certaines ne servaient que deux heures par jour, mais restent branchées toute l’année », observe Gaëlle Pierre.

Les diagnostics ont permis d’identifier des modèles défectueux ou inutilisés, et une discussion s’est engagée sur les actions possibles à ce sujet.

En conclusion

À Rennes, CUBE.Ecoles a été bien plus qu’un concours d’économies d’énergie : il a constitué un véritable temps de diagnostic des bâtiments et de leurs usages. Cette démarche a permis de mieux comprendre les interactions entre le fonctionnement technique des équipements, les pratiques quotidiennes et la coordination des acteurs, au service de la performance énergétique. La sobriété énergétique s’est ainsi affirmée non comme une contrainte, mais comme une opportunité d’analyse et d’amélioration collective, contribuant pleinement à la transition écologique du service public.

Pour aller plus loin :

Marie de Saint Roman
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