Flexibilité énergétique en entreprise : le retour d’expérience d’ABB au concours CUBE Flex

Sur son site tertiaire de 7 000m² de bureaux et 2 000m² de logistique, ABB expérimente au quotidien la flexibilité énergétique. Rencontre avec Guillaume Genestier, responsable HSE, qui pilote la participation du site au concours CUBE Flex et partage son retour d’expérience très concret.
Pouvez-vous vous présenter et décrire votre rôle chez ABB ?

Guillaume Genestier : Je suis ingénieur de formation et je travaille pour ABB depuis septembre 2024 en tant que prestataire, responsable HSE site. Je m’occupe de l’environnement, de l’hygiène et de la sécurité, mais aussi des infrastructures. Je ne suis pas sur la partie business, je travaille avec le Real Estate et le facility management.
Je pilote la démarche CUBE Flex au quotidien : communication interne, plan d’action, suivi des consommations, participation aux réunions candidats et échanges avec les parties prenantes.
Pourquoi ABB s’est-elle engagée dans une démarche de flexibilité énergétique en entreprise ?
Guillaume : ABB est un groupe de plus de 100 000 personnes dans le monde. La transition énergétique est très présente dans la communication interne. C’est cohérent avec notre cœur de métier : électrification, disjoncteurs, bornes de recharge, GTB.
Participer au concours permet aussi de mettre en avant nos propres solutions installées sur le site. D’ailleurs, notre bâtiment, récent et développé avec le propriétaire, intègre de nombreux équipements ABB. Il fait un peu figure de bâtiment « vitrine ».
Comment avez-vous organisé votre entrée dans le concours CUBE Flex ?
Guillaume : Nous avons appris notre inscription avec un peu de retard. Cependant, dès septembre-octobre, nous avons relu les actions des années précédentes et établi un plan d’action actualisé.
Nous avons travaillé avec le Real Estate, le facility management, l’équipe logistique et l’entreprise de restauration. Ensuite, nous avons structuré le plan par rubrique : CVC, chauffage, climatisation, IRVE, éclairage.
Quelles actions concrètes avez-vous mises en place en flexibilité régulière ?
IRVE et pilotage centralisé
Guillaume : L’action la plus impactante concerne nos 17 bornes de recharge. Nous avons 15 bornes lentes (7,4 kW) et 2 rapides (50 kW). En bridant nos 15 bornes de recharge lentes à 50% aux heures de pointe, nous décalons les consommations sans les supprimer : une flexibilité simple, efficace et invisible pour l’utilisateur.
En revanche, lors des jours de pointe, nous restreignons l’usage des bornes rapides.
Prises programmables
Guillaume : En complément, nous avons installé des prises électriques programmables, actives uniquement de 10h à 17h. Les collaborateurs y branchent téléphones et ordinateurs portables. Le reste du temps, les appareils fonctionnent sur batterie.
Au départ, cela a demandé de la pédagogie. Certains écrans avaient été branchés dessus, ce qui posait problème le matin. Mais aujourd’hui, le dispositif est compris.
Gestion technique du bâtiment
Guillaume : Notre bâtiment est largement piloté par la GTB : éclairage, ventilation, stores. Nous optimisons les plages d’allumage de l’éclairage extérieur et remplaçons progressivement les chauffe-eau non programmables. Nous avons également supprimé l’usage d’un rideau d’air chaud très énergivore en réorganisant l’espace d’accueil.
Quelles mesures appliquez-vous lors des jours de pointe ?
Guillaume : Lors des alertes, nous renforçons les actions : restriction des bornes rapides, limitation des ascenseurs, extinction des murs d’écrans et de certains affichages dynamiques.
Nous avons aussi testé l’extinction des éclairages de circulation. Cependant, cela impactait les blocs autonomes d’éclairage de sécurité (BAES), donc nous avons ajusté.
Comment mobiliser les collaborateurs dans un bâtiment très automatisé ?
Guillaume : Nous communiquons via l’intranet et par mail groupé. Nous présentons aussi les résultats pour montrer l’impact des efforts.
Toutefois, le bâtiment étant très automatisé, les collaborateurs ont peu de leviers directs. Il faut donc expliquer la démarche et éviter d’aller trop loin. Par exemple, l’an dernier, proposer uniquement des repas froids lors des jours de pointe a été très mal perçu. Il faut trouver le bon équilibre entre performance énergétique et confort. En somme, la pédagogique reste essentielle. Il ne s’agit pas seulement d’appuyer sur des boutons, mais de donner du sens aux gestes et de maintenir le confort de tous.
Quels résultats avez-vous observés ?
Guillaume : Les réunions mensuelles permettent de situer notre performance. Les bornes de recharge restent l’action la plus efficace, car elle est technique et programmée. On s’affranchit du facteur humain.
Cependant, mesurer précisément l’impact de chaque action reste difficile. Notre GTB comporte de nombreux compteurs, mais tous ne remontent pas correctement. Nous avons donc plutôt une vision globale que détaillée.
Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?
Guillaume : Le concours est un bon prétexte pour analyser nos consommations et se poser les bonnes questions.
Il faut cibler les actions pertinentes et éviter celles qui sont chronophages pour un gain marginal. Enfin, il est essentiel de communiquer clairement sur les effets réels, sinon la démarche perd en crédibilité. Enfin, le concours est aussi l’occasion d’échanger des bonnes pratiques entre candidats, ce qui est très intéressant.
En conclusion
L’expérience d’ABB montre qu’avec une stratégie technique bien ciblée et une communication adaptée, la flexibilité devient un vrai levier de performance, tout en préservant le confort des usagers.
Vous souhaitez, vous aussi, analyser vos consommations et structurer une démarche de flexibilité énergétique ? En rejoignant CUBE Flex, vous pouvez transformer vos bâtiments en acteurs dynamiques de la transition énergétique tout en bénéficiant de la dynamique collective du Championnat de France des Économies d’Énergie.


