Maîtrise de l’énergie des bâtiments publics : quand la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin transforme le confort en levier d’action

16 février 2026

Le lundi 19 janvier 2026, les villes de la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin (CALL) se sont réunies pour une matinée dédiée à la maîtrise de l’énergie des bâtiments publics. Pont-à-Vendin, Vimy, Loos-en-Gohelle et Éleu-dit-Leauwette se sont retrouvées dans les locaux de la CALL.

Dès le quizz Kahoot d’introduction à la sobriété énergétique, les échanges ont été francs. Très vite, les communes ont partagé leurs problématiques terrain. Ainsi, la rencontre a permis de passer des principes aux réalités concrètes des bâtiments.

Maîtrise de l’énergie des bâtiments publics : partir du terrain et des usages

À Vimy, une reprise des thermostats existants a été effectuée par Engie à la demande de la commune. Cette action a permis de réaliser 60 % d’économies d’énergie. Toutefois, la programmation reste chronophage. En effet, il faut environ un quart d’heure par semaine pour ajuster au mieux l’installation.

Par ailleurs, les communes ont évoqué leurs pratiques quotidiennes. Les volets extérieurs sont déjà fermés pour limiter les risques d’intrusion. Cependant, cette habitude améliore aussi le confort d’été en préservant la fraîcheur. De plus, elle contribue au confort d’hiver en conservant la chaleur du bâtiment chauffé.

Par ailleurs, les équipes ont échangé autour du fait que, dans certaines écoles, les radiateurs sont coffrés pour éviter que les plus petits ne se brulent. Néanmoins, ce dispositif empêche la chaleur de rayonner correctement dans la pièce.

Il a aussi été question des charges de batteries des trottinettes électriques. Elles représentent aujourd’hui le premier départ d’incendie en France. Les modèles sans certification européenne (norme CE) sont moins chers, mais ils peuvent prendre feu plus facilement. Le prix est donc aussi lié au respect des normes.

Confort thermique et sobriété énergétique : changer les représentations

Le Cerema a rappelé les principes de la théorie du changement. Les biais de confirmation ont été évoqués. Certains sont liés à la norme sociale. D’autres sont liés à l’effort demandé.

Les villes l’ont confirmé : le plus difficile reste d’embarquer et de mobiliser. En effet, le confort est une notion très subjective. Selon l’imaginaire dominant, être confortable signifie être bras nus, pieds nus, près d’un feu de cheminée. Pourtant, le confort peut aussi passer par un pull et de grosses chaussettes.

Dès lors, la sobriété énergétique suppose de questionner ces représentations. Les communes soulignent l’intérêt de passer par la sphère personnelle. Ce détour facilite l’adhésion dans les bâtiments publics.

La météo du bâtiment : observer avant d’agir

Un sentiment d’inconfort peut apparaître lorsqu’il fait plus chaud en hauteur qu’au sol. C’est pourquoi l’action “météo du bâtiment” est proposée dans le recueil d’animation du programme CUBE Ville. L’objectif est simple. Il s’agit de se rendre compte des paramètres qui influencent la température. Ensuite, les équipes peuvent adapter leur maîtrise de l’énergie en fonction des constats.

Par exemple, un humain assis peut produire jusqu’à 100 watts par heure. Cette énergie contribue au réchauffement des espaces. Dans une salle de classe, les élèves dégagent donc eux-mêmes de la chaleur. D’ailleurs, enseignants et enfants se plaignent parfois d’avoir trop chaud. Pourtant, le chauffage reste allumé et les fenêtres sont ouvertes.

Ainsi, mesurer et comprendre permet d’éviter des contradictions énergivores.

Donner prise sur le chauffage pour rendre acteur

Dans certains bâtiments inscrits, les chauffages sont bridés. Ils ne peuvent pas dépasser une température définie. Toutefois, les équipes peuvent ajuster la consigne de plus ou moins 2 °C.

Cette marge peut sembler limitée. Pourtant, elle donne aux occupants le sentiment d’avoir la main. Or, ce sentiment est essentiel pour engager le changement. Même un ajustement de 1 à 2 degrés peut renforcer l’adhésion. La maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics repose donc autant sur la technique que sur l’appropriation.

Des plans d’action concrets dans chaque commune

À l’issue des échanges, les villes ont travaillé sur leur plan d’action par bâtiment.

  • Vimy prévoit un diagnostic en marchant.
  • Loos-en-Gohelle organise une enquête confort et une balade thermique.
  • Éleu-dit-Leauwette et Pont-à-Vendin misent sur l’affichage et la communication.

En appui terrain, la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin accompagne et coordonne la mise en place des actions dans les communes inscrites. Ainsi, chaque ville avance à son rythme tout en bénéficiant d’une dynamique collective.

De la météo du bâtiment à l’action collective

Cette matinée l’a montré : la maîtrise de l’énergie des bâtiments publics ne repose pas uniquement sur des réglages techniques. Elle passe aussi par l’observation, la pédagogie et l’implication des occupants. Observer la météo de son bâtiment, questionner le confort et ajuster les usages sont des leviers concrets. Progressivement, ces actions transforment les pratiques.

Pour aller plus loin :

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