Night tracking : la méthode simple et efficace pour traquer les consommations cachées au bureau 

18 novembre 2025

Quand les collaborateurs quittent les bureaux en fin de journée, une partie du bâtiment continue de consommer de l’énergie… souvent pour rien. Espaces chauffés ou climatisés bien qu’inoccupés, écrans allumés, équipements en veille, éclairages encore allumés… Ces consommations invisibles s’accumulent dans la durée. 

Pour lutter contre ce gaspillage silencieux, une pratique se généralise dans les bâtiments tertiaires : le night tracking. 

Qu’est-ce que le night tracking ? 

Le night tracking consiste à observer un bâtiment en période d’inoccupation, généralement le soir ou le week-end, afin de repérer les appareils allumés ou en veille inutilement

L’objectif est simple :  

  • identifier rapidement les gaspillages récurrents, 
  • comprendre leur origine, 
  • les corriger avant qu’ils ne deviennent structurels… 

La méthode s’applique aussi bien aux bureaux récents qu’aux bâtiments anciens. 

Pourquoi le night tracking est-il important ? 

Un bâtiment tertiaire consomme en moyenne 35 à 45 % d’énergie en période d’inoccupation. 

Exemple d’une courbe de charge électrique selon une semaine type d’un bâtiment de bureau, chauffé électriquement selon les heures d’occupation et d’inoccupation.  

En dehors de la plage d’occupation (en violet), il est possible d’abaisser au maximum le talon de consommation énergétique. Les heures d’inoccupation d’un bâtiment de bureau représentent près des 2/3 du temps sur une année. Le moins kWh gaspillé sur une heure devient un gisement importante en fin d’année  

 
Ces consommations “fantômes” sont souvent liées : 

  • à une mise en sommeil non réalisé du chauffage et de la climatisation à cause de : réduits de température non programmés ou non effectifs, défaillance de la chaine de valeur  du pilotage du bâtiment Bacs (capteur, actionneur, régulateur),pompes non mises à l’arrêt, centrale de traitement d’air avec un débit nominal en inoccupation ;  
  • aux imprimantes réseau ;
  • aux éclairages automatiques mal réglés : par exemple lorsque  le gardien de sécurité doit réaliserune ronde dans le bâtiment toutes les nuits. La temporisation des détecteurs de présences est parfois anormalement longue (2h). Le bâtiment se retrouve alors très fortement éclairé en pleine nuit.  
  • aux vitrines / signalétiques lumineuses ;
  • aux PC portables restés branchés ;
  • aux frigos vides laissés en marche

En cumul annuel, l’impact est significatif.

Parfois les consignes sont paramétrées à partir  par la GTB ou la demande a été transmise  à un tiers pour réaliser les réglages… La confiance n’exclue pas le contrôle et l’équipe de night traking trace l’ensemble des dysfonctionnements.  

Les bénéfices du night tracking 

  1. Réduction immédiate des consommations 

Les actions correctives applicables dès le lendemain réduisent la facture sans travaux. 

  1. Sensibilisation puissante 

Voir “en vrai” l’énergie gaspillée est bien plus impactant qu’une affiche. 

  1. Optimisation des réglages GTB 

Permet d’ajuster : 

  • horaires d’éclairage 
  • horaires HVAC (chauffage / ventilation / climatisation) 
  • consignes thermiques 
  1. Meilleure compréhension des usages 

Les équipes identifient les habitudes qui consomment et peuvent accompagner le changement. 

Comment réaliser un night tracking efficace ? 

Voici une méthode en 5 étapes

1) Choisir le bon créneau 

  • En semaine, après 20h 
  • Pendant un week-end 
  • Après un jour férié 

Objectif : bâtiment vide. 

2) Définir le périmètre de contrôle 

  • open space 
  • salles de réunion 
  • circulations 
  • cafétérias 
  • locaux techniques 

Cartographier le parcours. 

3) Observer et noter 

À repérer : 

  • écrans allumés, 
  • imprimantes / copieurs en veille, 
  • blocs d’éclairage actifs, 
  • ventilation/climatisation perceptible,
  • zone surchauffée ou surrefroidie,
  • matériel laissé branché…

La prise de photos est recommandée. 

4) Identifier les responsables 

  • réglage automatique,
  • oubli humain,
  • mauvaise consigne,
  • matériel obsolète,

> Comprendre avant d’agir. 

5) Formaliser un plan d’action 

Rapporter : 

  • anomalies récurrentes,
  • zones “chaudes”,
  • suggestions de réglages GTB,
  • idées d’affichage / communication… 

Qui peut le mener ? 

  • Ambassadeurs énergie,
  • Services généraux,
  • Exploitants techniques,
  • Référents CUBE,
  • Animateurs Green Team… 

L’idéal : un trio technique + utilisateur du bâtiment+ RSE. 

Actions correctives fréquentes 

Voici les leviers les plus récurrents : 

  • Ajuster les plages horaires d’éclairage automatique,
  • Passer certains équipements en mode ECO,
  • Installer des minuteries sur cafetières / distributeurs,
  • Déplacer ou réduire les frigos inutilisés,
  • Éteindre les écrans dynamiques en dehors des horaires,
  • Optimiser les consignes GTB HVAC,
  • Campagne de stickers / affichage ciblé… 

Astuce pour maximiser l’impact 

Associez le night tracking à : 

  • un challenge interne
  • un mur des gaspillages,
  • une carte des progrès par étage,
  • un avant / après sur les consommations 

Effet sensibilisation garanti. 

Ce que la communauté CUBE en retient 

Le night tracking permet de : 

  • révéler des économies faciles,
  • embarquer les collaborateurs,
  • rendre visible l’invisible,
  • ancrer la sobriété dans les usages, 

Il constitue un rituel de compétition très apprécié. 

En conclusion, 

Le night tracking est l’une des actions les plus : 

  • Pédagogiques,
  • rapides à mettre en œuvre,
  • efficaces sans travaux,
  • mobilisatrices pour les équipes 

Il montre qu’un bâtiment peut consommer moins… juste en dormant mieux

Et vous, avez-vous déjà observé votre bâtiment de nuit ? 

Cela pourrait vous surprendre et vous faire gagner des points précieux dans le Championnat de France des Économies d’Énergie. 

Pour aller plus loin :

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