Sobriété énergétique dans une collectivité territoriale : à Montrouge, le déclic collectif malgré un démarrage tardif

Mieux vaut tard que jamais. À Montrouge, la sobriété énergétique collectivité territoriale n’a pas commencé en début de saison. Pourtant, l’impulsion est bien là. Malgré un turn-over au sein de l’équipe projet, la ville a décidé de faire de la maîtrise de l’énergie un sujet central au sein de ses bâtiments publics.
Peu importe le timing, c’est l’impulsion qu’on y met qui est importante. Et c’est précisément cette dynamique collective qui marque l’entrée de Montrouge dans l’aventure CUBE Ville.
Réduire sa consommation d’énergie sans réduire le confort : le débat des 19°C
Dès le lancement, un temps collectif a été organisé en mairie. Les crèches, les jardins d’enfants, le Centre Administratif et les bâtiments sportifs étaient représentés. La matinée a alors commencé par un débat mouvant. La question posée était simple : pour réduire sa consommation d’énergie, faut-il réduire son confort ?
Une participante explique qu’elle a froid dans un bâtiment réglé à 19°C, surtout lorsque la météo est mauvaise. En réponse, une collègue rappelle qu’un bon pull atténue fortement la différence entre 19°C et 20°C. Cependant, -1°C représente 7 % d’économies d’énergie.
Ce format est puissant. D’une part, les agents échangent avec leurs propres mots. D’autre part, ils confrontent leurs arguments sans intervention directe d’un référent. Ainsi, chacun s’approprie les enjeux de la sobriété énergétique et peut partager ses réalités de terrain.
Sobriété énergétique dans une collectivité territoriale : pourquoi la mobilisation des agents change tout

Ensuite, une acculturation rapide aux économies d’énergie était présentée pour rappeler les notions de confort et de changement de comportements. Objectif : permettre à tous d’avoir les mêmes bases concernant l’énergie et donner des billes sur comment mieux la maitriser en tant qu’usager.
Le jeu du Robert et Energ’up ont été utilisés dans un temps ludique pour permettre de connaitre les appareils qui consomment le plus dans nos usages du quotidien. Cela a permis de créer du lien et de susciter des échanges intéressants.
Cette étape est essentielle. En effet, une politique de transition énergétique dans les bâtiments publics repose d’abord sur la compréhension des enjeux par ceux qui les occupent.
Diagnostic en marchant : des leviers concrets dans les bâtiments municipaux
Après ce temps d’échange, un diagnostic en marchant a été présenté. Un tour de table a permis à chaque service d’exprimer ses spécificités et ses problématiques.
Éclairage et chauffage : des ajustements possibles
- Dans un espace multi-accueil de la ville, le zonage d’un couloir est trop long. Par conséquent, la lumière reste allumée après chaque passage.
- À la crèche, un radiateur électrique ancien n’est pas toujours éteint le soir. De plus, certaines ampoules halogènes restent allumées toute la journée.
- À la police municipale, les fenêtres ne sont pas étanches et l’éclairage est très présent.
- À la médiathèque et au conservatoire, les baies vitrées entraînent des inconforts en hiver comme en été. Ainsi, des convecteurs supplémentaires sont utilisés dans certaines zones d’accueil.
Autant de situations qui montrent que les usages quotidiens influencent directement la consommation énergétique.
Eau et équipements spécifiques : éviter les gaspillages
- Dans une crèche, l’eau est chaude immédiatement au mitigeur. Il faut laisser couler longtemps pour obtenir de l’eau froide.
- Dans un jardin d’enfant, les robinets à poussoir continuent de couler après le lavage des mains.
- Au pôle santé, la thermo-soudeuse et l’autoclave restent allumés toute la journée, alors que quelques minutes suffisent pour atteindre la température d’utilisation.
Par ailleurs, certaines cuisines débranchent déjà les petits équipements comme les micro-ondes ou les cafetières. Ces gestes simples montrent que les équipes sont prêtes à agir.
Des problématiques multiples, autant de leviers pour agir
Chaque bâtiment présente ses contraintes. Cependant, chaque situation révèle aussi un levier d’amélioration. La rénovation thermique n’est pas toujours en cause. Souvent, les marges de progrès se situent dans les usages. La sobriété énergétique ne signifie pas renoncer au confort. Au contraire, elle consiste à mieux comprendre son bâtiment et ses équipements pour adapter les pratiques.
À Montrouge, le démarrage a été tardif. Pourtant, la dynamique collective est enclenchée. Et c’est bien cette mobilisation qui fera la différence.
Passez à l’action avec CUBE Ville
La sobriété énergétique collectivité territoriale commence par une impulsion. Montrouge en apporte la preuve : même lancé en cours de route, un projet peut fédérer et transformer les pratiques.
Vous aussi, mobilisez vos équipes, révélez vos leviers d’économie d’énergie et engagez votre collectivité dans une démarche concrète.
Pour aller plus loin :
- Rejoignez la ligue CUBE Ville du Championnat de France et faites de vos bâtiments publics des terrains d’action.
- Découvrez le retour d’expérience de la ville d’Arcueil (94) ayant également réalisé un diagnostic dans deux de ses bâtiments inscrit dans le challenge CUBE Ville


