Objectif décret tertiaire atteint pour le Rectorat de la Réunion

29 janvier 2026

Décret tertiaire rectorat de la Réunion : une sobriété pragmatique, sans miracle ni dogme

Atteindre les objectifs du décret tertiaire dans les bâtiments publics ultramarins suppose de composer avec des réalités spécifiques. Parmi elles : le climat, les usages, la production d’électricité ou encore les contraintes budgétaires. L’exemple du rectorat de la Réunion, engagé dans CUBE État, montre qu’une approche pragmatique, progressive et collective permet d’obtenir des résultats concrets. Et ce, sans dégrader le confort.

Cette dynamique est portée par Pascal Bordelais, directeur de la division logistique du Rectorat de La Réunion.

« Light is right »

Entré dans la fonction publique « un peu par hasard » après un début de carrière dans le privé en expertise comptable, Pascal Bordelais passe le concours des IRA en 2006. Il rejoint alors le rectorat de La Réunion. D’abord, il commence par y piloter pendant trois ans la formation des personnels enseignants, avant de saisir, il y a une quinzaine d’années, l’opportunité de prendre la direction de la division logistique.

Services généraux, fonctionnement des bâtiments… C’est là qu’il s’installe, au plus près du concret. La Réunion n’était pas un plan de carrière — un poste disponible, une connaissance de l’océan Indien (service militaire à Mayotte), rien qui le retienne en métropole. « Vas-y, fonce. » Il s’y sent bien, il reste.

Côté personnel, Pascal revendique des plaisirs assumés : voitures de sport, montres mécaniques, sorties en famille. Son mojo, emprunté à la course automobile et au fondateur de Lotus : « Light is right » — faire simple, léger, et souvent plus efficace.

Sobriété énergétique et contexte local réunionnais

Chez Pascal, la sobriété s’impose d’abord par le prisme du coût, puis par celui du contexte local. En effet, il s’agit d’un réflexe de formation. À La Réunion, pas de chauffage : l’impact énergétique n’est pas le même qu’en métropole, même si la climatisation est largement utilisée.

Ce qui l’interpelle surtout, c’est la production d’électricité. Ici, pas de nucléaire : une part importante de l’électricité provient de centrales thermiques. Dès sa prise de poste à la logistique, il suit les consommations électriques « tout de suite », cherche d’abord à les stabiliser, puis à les faire baisser. Au fil des années, il observe combien la facture peut exploser avec les hausses tarifaires.

Dans ce contexte, rejoindre la ligue CUBE État devient une évidence : rendre visibles des actions déjà engagées, les valoriser, et — si possible — embarquer davantage de monde autour des objectifs du décret tertiaire rectorat de la Réunion.

CUBE comme loupe et accélérateur de performance

Sur le papier, Pascal n’attendait pas de miracle. Le bâtiment n’était pas réputé exemplaire thermiquement, mais ses consommations étaient déjà jugées plutôt contenues. Justement : CUBE État a servi de loupe et d’accélérateur.

Le concours pousse l’équipe à creuser, à aller « mettre le nez dedans ». Groupe froid, GTB, réglages laissés « d’usine », non optimisés, typiques de systèmes qui fonctionnent… mais seulement tant qu’on ne les questionne pas.

Avec une nouvelle installation de froid et une GTB déjà en place avant le concours, l’enjeu devient clair : optimiser sans dégrader le confort.

Un déclic simple : agir sur les horaires

L’un des déclics majeurs, très réunionnais, vient des horaires de travail : arrivée tôt, départ tôt. À 16h, la moitié des équipes a déjà quitté les lieux, mais la climatisation fonctionne encore partout.

La solution apparaît presque évidente une fois formulée. En effet, il faut couper à 16h l’ensemble des ventilo-convecteurs des bureaux, et laisser la main à ceux qui restent, avec la possibilité de rallumer si besoin.

Le pari est tenté sans annonce préalable, la communication vient ensuite. Résultat : très peu de réticences, et un impact immédiat sur les consommations, en cohérence avec les objectifs du décret tertiaire.

Ne pas faire CUBE seul : un levier de gouvernance

Le facteur clé de succès, Pascal le formule sans détour : ne pas aller à CUBE seul.

La colonne vertébrale du projet repose sur un binôme technique solide :

  • un électricien très impliqué,
  • un energy manager recruté récemment. Pascal a souhaité l’intégrer directement à son service pour coller au fonctionnement réel des bâtiments.

Le concours devient aussi un levier de gouvernance. Optimiser une GTB, faire intervenir des mainteneurs ou ajouter des briques techniques a un coût. Mais la baisse des factures permet de démontrer rapidement la valeur des actions et de financer les ajustements.

Un résultat visible dans CUBE facilite ensuite l’acceptation de « petits travaux » et de « petites réformes », indispensables à l’atteinte des objectifs du décret tertiaire rectorat de la Réunion.

Une recommandation actionnable pour l’outre-mer

Pour les bâtiments tertiaires en outre-mer, Pascal formule une recommandation claire et opérationnelle : le mix brasseurs d’air + climatisation.

Cette combinaison s’avère très efficace pour le confort thermique, tout en évitant de descendre la climatisation « trop bas ». Une approche simple, légère — fidèle à son credo — et parfaitement adaptée aux réalités climatiques locales.

Pour aller plus loin :

Marie de Saint Roman
Partager
Contactez-nous








    * Champs obligatoires